Sur l’association 24 août 1944… (et ses subventions du gouvernement espagnol)

21 août 2020 - AutreFutur, Contribution, Lucie Heymé


- Ou comment l’association "24 août 1944", lancée en 2014 avec la ferme volonté de poursuivre un travail de mémoire historique autour de la Libération de Paris et des combats antifascistes, "indépendante de toutes structures ou organes" [1], accepte désormais des subventions de l’actuel gouvernement espagnol et se pavane avec leurs officiels.

- Comment une petite majorité d’intérêt, réunie autour des héritiers de Tomas Marcellan, de fils et filles de "républicains" (?) et de quelques "gestionnaires" du 33 rue des Vignoles… a donc exclu sans appel des membres fondateurs opposés à cette compromission, comme Serge Utgé-Royo, Daniel Pinos, Agnès Pavlowsky, Cristine Hudin…
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- Pour avoir reporté sur "autrefutur.net" les activités de cette association, dans laquelle certains membres se sont investis, pour avoir constaté une "prise de pouvoir" d’un clan sur le collectif, mais avant tout par respect et solidarité avec ceux dont nous partageons les valeurs, nous publions ce texte de rupture qui éclaire sur le retour de pratiques "anarcho-boutiquieres"…

AutreFutur, dont Lucie Heymé, Fulano, Imbert Robert .



Un petit mot sur l’association 24 août 1944


Agnès Pavlowsky

Petit rappel des faits.

En novembre 2019, l’association organisait une exposition d’artistes à l’institut Cervantès de Paris, qui se prolongeait en décembre à Madrid, à l’Arqueria de los Museos.
Le gouvernement espagnol accordait une subvention pour cette réalisation. Cette subvention, à l’origine, nous posait question. Quand la répression s’est abattue en Catalogne, les réactions, à l’unanimité, ont interrogé le bien-fondé de cette subvention. Puis, très rapidement, une toute petite majorité de notre association a décidé de poursuivre avec les autorités espagnoles, faisant fi du message mémoriel de l’association elle-même, celui d’une lutte contre l’oppression.
L’association « 24 août 1944 » revendiquant une identité anarchiste, cette majorité a pourtant imposé sa décision sans que nous puissions échanger, dialoguer, faire entendre nos voix, en repoussant, sous divers prétextes, une réunion à une date très proche de celle de l’exposition. Notons, par ailleurs, que les artistes exposants n’ont pas été tenus au courant de cette question de subvention.

Par la suite, nous – la minorité – avons été exclus de fait, en dépit d’une proposition de remise à plat des pratiques et d’un échange concernant les partenaires. La majorité s’est appropriée le matériel, l’argent, le fichier des adhérents, le site.
En plus de cette subvention accordée par le gouvernement espagnol, la dite majorité ne cesse de s’afficher auprès de responsables espagnols, comme elle l’a fait durant l’exposition de Madrid.
Les ministres présents à Madrid étaient José Luis Abalos et Dolorès Delgado. Cette dernière, lors de la commémoration du 24 août 2019 à Paris, a osé affirmer (provoquant les huées des participants présents) que «  les hommes de la Nueve auraient certainement approuvé le pacte de 1978 » (pacte dit de la Moncloa, entérinant la nouvelle monarchie héritière de Franco – outre la renonciation à toutes poursuites futures des bourreaux du passé –, avec l’appui des partis franquiste, socialiste et communiste, et estimant les « torts » partagés concernant la guerre civile).
Cette même année 2019, devant le monument aux morts du camp d’extermination de Mauthausen (érigé par le gouvernement catalan), la même ministre de la Justice socialiste Dolorès Delgado, irritée par le discours de la représentante du gouvernement autonome de la Catalogne, a quitté brusquement la cérémonie sous le prétexte qu’on y évoquait les actuels emprisonnés politiques catalans…

Nous sommes en rupture avec ceux qui, aujourd’hui, s’arrangent de cette collaboration avec le gouvernement espagnol. En ces temps de transfuges politiques, mieux vaut marcher seules qu’accompagnées par des gauches douteuses…

Voir quelques images des cérémonies avec des représentants du gouvernement espagnol : https://80aniversarioexiliorepublicano.mjusticia.gob.es/cs/Satellite/arep/es/galerias/inauguracion-exposicion

Agnès Pavlowsky
Avec son autorisation


Los titulares en funciones de Fomento, José Luis Ábalos, y de Cultura y Deporte, José Guirao, acompañaron a la titular de Justicia en funciones, Dolores Delgado, en la presentación de la exposición.- 5 de diciembre de 2019

(Même "en image", Lucio semble encore et toujours résister…AF)


Nota

Peu regardante sur les compromissions, l’association "24 août 1944" et sa majorité d’intérêt va s’installer 33 rue des Vignoles (désormais consacré "lieu historique de la mémoire antifasciste") dans des locaux remis à neuf et financés… par la Mairie de Paris.
Et là encore, les syndicalistes de la CNT qui s’opposèrent à ces "petits arrangements" avec les autorités, furent "poussés" hors de l’impasse des Vignoles… 



[1Présentation de la feuille de route initiale de l’association "24 août 1944", publiée en 2014 :
- L’association 24 août 1944 a pour but de faire connaître et de cultiver la mémoire historique de la libération de Paris en 1944, en liant cette célébration du 70e anniversaire et de la Résistance à la participation des antifascistes espagnols de la 2e DB.
- La mémoire historique est un outil pour rappeler le dévouement, les sacrifices acceptés et menés jusqu’à la limite des forces individuelles d’hommes et de femmes qui ont œuvré pour la liberté. Cet outil, que la mémoire historique antifasciste espagnole représente, est aussi un levier pour mieux interpréter le présent dans notre pays et dans le contexte qui l’englobe.
- L’association et ses membres s’y engagent, indépendamment de toutes structures ou organes.
- https://www.24-aout-1944.org/Soutenir-l-association