Un logo et une symbolique réussie pour la naissance de l’UCL

12 janvier 2020 - Zavally

En juin 2019, Alternative Libertaire et la Coordination des Groupes Anarchistes officialisaient la création de l’UCL : Union communiste libertaire. Outre la publication officielle de son manifeste [1], cette organisation, qui s’inscrit dans le courant communiste libertaire se fondant sur une pratique politique et une implication dans les luttes sociales, accompagnait sa naissance d’un logo original et très réussi.

Un logo n’est rien qu’une image, qu’un élément de communication qui ne remplace aucunement le fond du discours et des orientations. Dans sa fonction, le logo ne fait "qu’illustrer" le vieil adage selon lequel "un petit dessin vaut mieux qu’un long discours ".
Cette pratique, qui remonte au temps où on ne savait pas lire, permettait de figurer une idée, un concept ou un message, s’est ensuite appliquée dans l’héraldique [2] ou les écussons, qui s’affichent toujours au fronton des villes ou des édifices publiques. Et ces signes graphiques d’évoluer vers les logos, ces compositions figurées souvent associés et rehaussées de couleurs, elles aussi codifiées [3]

Et l’UCL de l’argumenter… :

il s’agit d’un choix non traditionnel. On ne trouve en effet guère d’oiseaux dans la symbolique libertaire en Europe, qui foisonne d’étoiles rouge et noir, de poings dressés, de A cerclés ou de chats au poil hérissé. On en trouve plus communément en Amérique latine. La Fédération anarchiste de Rio de Janeiro, par exemple, a pour emblème le tangara scarlate (tiê-sangue), un bel oiseau forestier rouge et noir, rattaché à l’imaginaire des résistances autochtones à la colonisation.

Pas moins de 30 propositions de logos ont été déposées cet été, auxquelles chaque militante et militant de l’UCL a pu attribuer une note. Le merle étant arrivé en tête, il a été soumis à un vote de confirmation et a recueilli 69,7% d’approbation…

En ces temps de spectaclisme avéré, l’UCL a eu le bon goût de ne pas tomber dans les travers de l’iconographie libertaire trop longtemps enfermée dans des symboles purement liés au travail ou à l’anarchisme [4].


Et puis, espérons que la démarche de validation collective évitera d’éventuelles polémiques stériles comme celles ouvertes sur la paternité du chat de la CNT-F/Vignolles [5]. Pour ce félin, l’auteur aurait eu bonne grâce de respecter les codes de l’écriture et de sa grammaire visuelle en faisant regarder l’animal vers la droite, signe de progression, plutôt que vers la gauche, signe de retour vers le passé… ! CQFD ?


Mais l’UCL s’est-elle penchée sur les nombreuses expressions de la langue française associées au merle ? :
- C’est un fin merle : C’est un homme fin et rusé.
- Jaser comme un merle : Parler beaucoup.
- Vilain merle : Homme très désagréable.
- Parle beau merle : " Cause toujours…".
- Faute de grives, on mange des merles : Se contenter de choses moindres.
- Un merle blanc : Quelque chose d’impossible.
- …




[1Manifeste de l’Union communiste libertaire est la base commune à toute l’organisation, adoptée lors du congrès d’unification d’AL et de la CGA, du 8 au 10 juin 2019, dans l’Allier. https://www.unioncommunistelibertaire.org/-Manifeste-de-l-UCL-

[5Sur la paternité du chat de la CNT-F/Vignolles

À propos d’un chat hérissé (de la CNT-f)