/ Réflexions : L’anarcho-syndicalisme face au défi de sa nécessaire transformation

L’anarcho-syndicalisme face au défi de sa nécessaire transformation

Contribution /1er septembre 2012   

Réflexions


Une réflexion de Tomás Ibáñez [1], publiée initialement dans Libre Pensamiento, N° 67, printemps 2011.

Évidemment, moi aussi j’aimerais penser que les difficultés auxquelles l’anarchosyndicalisme continue de se heurter depuis les lointaines années de la transition pour regrouper et entraîner un grand nombre de travailleurs sont purement conjoncturelles et que l’engagement et le volontarisme de la militance confédérale permettront un jour de surmonter. Néanmoins, les facteurs mitigeant cet espoir sont si nombreux qu’on ne peut plus éluder la question de la valeur actuelle de l’anarchosyndicalisme comme instrument de lutte pour obtenir une transformation radicale de la société. De la lucidité que nous sommes capable de maintenir pour faire face à cette question peut dépendre que dans son second siècle d’existence l’anarchosyndicalisme se retrouve relégué à un rôle purement de témoin et de vestige, ou bien qu’il se transforme en un élément doué d’une réelle capacité d’incidence.
En effet, si nous considérons que la force extraordinaire atteinte par l’anarchosyndicalisme durant les premières décennies du siècle XX est due dans une bonne mesure à celle qu’il s’est forgé au sein même des luttes directement enracinées dans les caractéristiques et dans les exigences du contexte professionnel et politique de l’époque, nous devons également envisager que sa faiblesse actuelle provient d’un certain déphasage face aux conditions sociales, économiques et politiques qui définissent le présent.

Le nouveau contexte social

Le contraste entre les changements subis par un anarchosyndicalisme qui conserve, pour l’essentiel, les formes organisationnelles les contenus substantifs qui le définissaient dans les années 1930, et la magnitude des changements sociaux qui se sont produits depuis lors est tout simplement abyssale. Même si les principes génériques de la domination et de l’exploitation demeurent fermement invariables dans une société hiérarchique et socialement injuste, si nombreux sont les changements qu’elle a subis qu’il s’avère impossible de les évoquer ici et je me limiterai, donc, à mentionner seulement deux des ensembles de changements qui posent problème, sans doute, au devenir anarchosyndicaliste.
Le premier de ces ensembles touche de multiples aspects du monde du travail qui vont de l’organisation et des modalités du travail, aux techniques de gestion d’entreprises, en passant par les procédés de contrôle et de stimulation des travailleurs, mais dans cette multiplicité de changements je n’en mentionnerai que quelques uns des plus décisifs. D’une part, à la perte bien connue de centralité du prolétariat industriel, et la diminution progressive de son poids relatif devant la hausse du secteur des services, s’ajoute la fragmentation des grandes unités de production et l’augmentation de l’hétérogénéité des contrats et des situations professionnelles pour freiner la confluence des intérêts immédiats des travailleurs. Si nous rajoutons à cette reconfiguration du monde du travail la croissante tendance à créer des couches de travailleurs en situation précaire que n’entrent pas facilement dans la forme classique de la structure syndicale, nous voyons comment l’espace professionnel où sont possibles les conditions pour le développement d’une activité syndicale se réduit de plus en plus, et plus encore si cette activité est de type anarchosyndicaliste.
D’autre part, la plus grande facilité par laquelle le capitalisme d’aujourd’hui peut déplacer géographiquement les structures de production en quête de conditions plus compétitives affaiblit la résistance que peuvent lui opposer les travailleurs devant la dégradation de leurs conditions de travail et fragilise la réponse syndicale face à des mesures comme les coupes sombres dans les effectifs et les salaires.
Outre qu’ils réduisent significativement l’espace de l’activité syndicale et qu’ils diminuent la force que peut exercer le mouvement ouvrier, ces changements signalent la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, qu’une organisation ancrée principalement au niveau professionnel, comme l’est par définition l’organisation anarchosyndicaliste, puisse atteindre la puissance nécessaire pour impulser une transformation de l’ensemble de la société.
Parallèlement aux modifications qui affectent le monde du travail un second ensemble de changements a à voir avec la constitution de la société-réseau, et les nouveaux dispositifs technologiques, et ce que certains appellent la modernité liquide. Cet ensemble de changements organise des conditions sociales et politiques qui demandent et qui suscitent des formes de lutte distinctes de celles qui ont caractérisé les luttes ouvrières, syndicales et politiques dans le passé. Nous avons vu récemment en Tunisie, en Égypte et d’autres pays de cette aire géopolitique le rôle joué par les nouvelles technologies dans des mobilisations populaires dont le succès repose plus sur le caractère multitudinaire des appels que sur la capacité de paralyser la production, nous l’avions déjà vu à Seattle ou dans les élections générales après les attentats du 11 mars [2004 à Madrid], comme nous avons aussi pu apprécier il y a peu le rôle déstabilisateur de Wikyleaks, ou la force d’Anonymous. Mais ce que je veux rapporter ici n’est qu’un des effets de cet ensemble de changements, il s’agit de la difficulté croissante à constituer et maintenir des organisations de lutte qui soient stables et durables.
Ce n’est pas seulement que les espaces où les affrontements sociaux se cristallisent se soient éparpillés hors du plan professionnel dans tout le tissu social, c’est, de plus, que les structures sur lesquelles s’appuient de nombreuses luttes, surtout dans les sociétés occidentales, sont devenus fluides et mouvantes. Nous pouvons le regretter mais c’est un fait que les noyaux activistes sont en général éphémères, instables et changeants. Leur temps de permanence s’épuise généralement sur le court terme comme s’ils étaient marqués, eux aussi, par les caractéristiques de cette modernité liquide où nous sommes maintenant entrés et où tout flue avec une rapidité croissante. C’est comme si on était entraînés par la même rapidité de changement imposé aux objets de consommation ou aux positions professionnelles. L’anarchosyndicalisme envisageait la nécessité d’organisations stables avec des affiliations durables et massives mais il ne semble pas que ce soit précisément ce genre d’organisation qui corresponde aux nouvelles circonstances sociales. Il est possible que la volatilité et les fluidités des structures de lutte soit désormais un fait irréversible et qui va même s’accentuer avec le temps, nous pouvons le regretter et gaspiller des efforts pour tenter de regrouper la militance dans des structures fixes, mais nous devrions aussi penser à comment adapter nos formes de lutte à cette nouvelle réalité.
Enfin, les difficultés auxquelles se heurte l’anarchosyndicalisme ne proviennent pas uniquement des modifications structurelles survenues dans le monde du travail et de la transformation des scénarios et des formes des luttes, mais proviennent aussi des changements qui ont touché l’imaginaire subversif. L’imaginaire anarchosyndicaliste se basait sur la conviction que les travailleurs seraient les protagonistes d’une révolution sociale qui s’annonçait comme inévitable et qui était appelée à embrasser la totalité de la société. Aujourd’hui cette conviction a déserté presque complètement l’imaginaire populaire et la perspective d’une révolution sociale faite par le prolétariat a perdu toute crédibilité. L’imaginaire subversif actuel a dit non seulement adieu au prolétariat comme sujet révolutionnaire, mais il a également abandonné la révolution pensée comme un événement brusque situé à l’horizon d’un trajet qui n’a de sens que si on tend vers lui. Pour le nouvel imaginaire subversif il n’existe plus un sujet révolutionnaire clairement défini et la révolution a cessé d’être un événement et un but situés dans le futur pour devenir une dimension qui se trouve présente dans chaque action pouvant grignoter un espace à la domination et réussir à subvertir un dispositif de pouvoir. Les actions ne sont pas révolutionnaires en fonction de ce qu’elles nous rapprochent progressivement du moment d’un éclatement social généralisé et définitif, mais en fonction de ce qu’on obtient et de ce qu’on vit, ici et maintenant, dans le processus même de ces actions.
Ce changement par rapport à l’imaginaire des années 1930 est particulièrement important pour l’anarchosyndicalisme car c’était précisément la perspective d’une transformation révolutionnaire de la société protagonisée par les travailleurs qui donnait sens à l’ensemble de son projet. Un anarchosyndicalisme dépourvu, non du désir d’une transformation radicale de la société, ce désir est absolument irrenonciable, mais en fait de l’idée classique que la finalité des luttes consiste à organiser et conscientiser les travailleurs pour mener effectivement à bien la révolution sociale, peut-il se maintenir ?

Le défi pour l’anarchosyndicalisme

Il est clair que face aux nouvelles conditions sociales l’anarchosyndicalisme devra être capable de procéder à une profonde rénovation s’il veut redevenir un instrument efficace pour avoir une incidence dans la société. Plus tard ou plus tôt il faudra aboutir à une nouvelle conception de l’organisation qui réponde aux nouvelles coordonnées du XXI siècle. Quelle forme prendra cette nouvelle organisation ? Bien entendu, il est impossible de préfigurer une sorte d’organisation qui naîtra des luttes et qui, par voie de conséquence, se formera peu à peu dans la pratique, mais ce qui est certes faisable c’est de prendre la direction adéquate et pour cela on peut distinguer quelques pistes.
Mais évitons des malentendus, il ne s’agit ni d’abandonner les pratiques anarchosyndicalistes que nous développons actuellement, ni encore moins de démanteler ce qui est déjà construit, dans l’attente d’hypothétiques nouveaux instruments de lutte. Il est clair qu’il faut poursuivre les efforts pour élargir autant que possible l’espace occupé par l’organisation anarchosyndicaliste dans le monde du travail et la renforcer autant que faire se peut. En outre, il apparaît que les mesures que prend le capitalisme ces dernières années pour faire reculer les conquêtes sociales, pour déréguler le marché du travail et pour empirer les conditions professionnelles contribuent à élargir de façon significative la réceptivité des propositions syndicales les plus radicales, par là l’espace pour une organisation anarchosyndicaliste est plus vaste à court terme et il serait insensé de délaisser cette occasion d’impulser la croissance de l’organisation.
Cela étant, à partir d’une perspective à moyen et à long terme l’expansion désirable de notre organisation ne devrait pas constituer un objectif prioritaire. Dans un contexte social marqué par l’amplitude et l’accélération des changements, la priorité ne peut consister à croître mais à se transformer. La priorité doit être celle de construire l’instrument adapté aux temps nouveaux, et il est clair que dans sa forme actuelle l’organisation anarchosyndicaliste n’est pas l’instrument que ces nouveaux temps demandent, et que la tentation de nous borner à renforcer et élargir l’organisation pourrait constituer une erreur fatale pour l’avenir.
Autrement dit, ce qui est prioritaire n’est pas d’occuper un espace professionnel qui, tout en ayant encore une certaine marge d’expansion, a aussi des limites qui vont s’amenuiser de plus en plus au fur et à mesure, mais consiste à savoir être branché sur le nouvel espace alternatif qui se crée et contribuer à le construire pour que, le moment venu, l’anarchosyndicalisme puisse se fondre dans ce nouvel espace subversif et dans les nouvelles formes d’organisation et de luttes que auront émergé.

Les pistes se trouvent dans notre passé : approfondir l’hybridation

Notre priorité doit être celle de d’être en phase avec les exigences du présent et d’anticiper le futur, mais il s’avère que la mémoire des luttes passées apporte parfois des éléments de valeur pour apercevoir les chemins à suivre, et dans le cas de l’anarchosyndicalisme c’est effectivement ainsi. En effet, les nouvelles conditions sociales demandent des formes de lutte dont les caractéristiques se profilaient déjà dans cet anarchosyndicalisme des premières décades du XX siècle, et qui ont toujours débordé la sphère strictement professionnelle et qui ont su effectuer une hybridation entre l’action sociale et l’action syndicale.
La différence est que cette action sociale qui dans le premier tiers du XX siècle était quelque chose comme une valeur ajoutée qui accompagnait une action à prépondérance syndicale apparaît aujourd’hui comme un élément appelé à dissoudre la séparation même entre les deux sortes d’actions. En effet, encore que l’anarchosyndicalisme des années 1920-1930 ait comporté un côté important d’action sociale, sa structure basique était néanmoins à caractère fortement syndical, et c’est précisément cette structure corporative centrée sur le monde du travail qui va perdre son sens dans les temps futurs.
Bien évidemment, la fin du monde du travail n’apparaît dans aucun des scénarios que nous pouvons imaginer et, donc, il continuera à y avoir une conflictivité professionnel qui devra être alimentée et radicalisée par nous qui refusons la configuration actuelle de la société. Mais il se peut que les nouvelles caractéristiques du travail et des conditions professionnelles marquent l’obsolescence de la structure syndicale et demandent d’autres formes d’organisation qui soient transversales en rapport à la problématique du travail et à la problématique sociale, en les fondant dans un même tissu.
Il ne s’agit pas de négliger les problèmes liés au travail pour penser uniquement en termes d’activisme social, au contraire, il s’agit d’avancer vers une authentique hybridation dans une même forme de lutte et une même forme organisationnelle embrassant indistinctement les deux problématiques, en réalisant sa symbiose.
Nous pouvons trouver des raisons qui étayent cette ligne de pensée dans le fait que l’expansion même du capitalisme dans toute la sphère de la vie sociale tend à briser la nette séparation entre le professionnel et le social. Nous assistons, en effet, depuis pas mal d’années à un phénomène de totalisation capitaliste qui étend la logique du marché et du bénéfice économique à tous les aspects de l’existence humaine, en infiltrant et en colonisant nos désirs, notre imaginaire, nos motivations, nos relations sociales et, en définitive, notre mode d’existence. Le capitalisme joue ses cartes simultanément sur le plan professionnel et sur le plan social, en effaçant de plus en plus leurs frontières.
De la sorte, par exemple, dans la sphère professionnelle le capitalisme cherche à tirer profit de toutes les facettes de la personne embauchée, il ne se borne pas à utiliser ses habiletés techniques ou sa force de travail, mais il tente de mobiliser la totalité de ses ressources, c’est-à-dire, ses motivations, ses désirs, ses angoisses, ses ressources cognitives et ses liens affectifs pour obtenir de plus forts rendements. Alors que, hors de la sphère proprement professionnelle, ce sont toutes les activités que le travailleur réalise en marge de son poste de travail qui sont instrumentalisées par le capitalisme pour qu’elles produisent des bénéfices, que ce soit dans le domaine de la santé, celui de l’éducation, des soins, du loisir, pour ne pas citer, bien entendu, le tourbillon de la consommation. Ce n’est pas l’économie qui est capitaliste c’est toute la société, et c’est notre propre vie qui est prise dans sa logique, ses paramètres et ses valeurs.
Devant cette réalité la conclusion semble s’imposer avec clarté : puisque que le capitalisme transcende le monde du travail, efface sa spécificité et diffuse sa propre logique à tout le plan social, notre lutte contre le capitalisme doit transcender, elle aussi, le monde du travail et adopter des formes qui embrassent la réalité sociale dans toute son extension.
La nécessaire diversification des terrains d’intervention de nos organisations, et l’indispensable polyvalence de leurs luttes, acquièrent une importance encore plus forte quand nous remarquons la prolifération des interconnexions que le capitalisme tisse entre les différentes composantes de la réalité sociale au niveau mondial sans que comptent ni les distances ni les lieux ni les aspects de la réalité mis en relation. Si tout est de plus en plus étroitement interconnecté, si le global marque les coordonnées de notre époque tant sur le plan économique que politique, alors également il faut imprimer à notre façon de lutter et de nous organiser la griffe d’une perspective globale reliant les divers fronts de lutte.

Des pas que l’on peut faire dans le moment actuel

Il suffit de regarder autour de nous pour voir qu’en-dehors des structures du syndicalisme alternatif et des minuscules organisations politiques radicales, une riche pluralité de noyaux activistes s’active et englobe des mouvements sociaux ponctuels, comme durant la période de la guerre en Irak, aux organisations écologistes, de chômeurs, aux collectifs de travailleurs précaires, associations de voisins, noyaux d’économie alternative, coopératives, associations d’émigrés, jeunes sans logement, cyber activistes, presse, radio et maison d’éditions alternatives, athénées, associations de la Mémoire, collectifs luttant contre les discriminations les plus diverses, centres occupés, etc., etc. L’anarchosyndicalisme devra se mêler aux différentes formes de résistance qui se trouvent éparpillées sur tout le tissu social pour inventer ensemble de nouvelles formes de lutte.
Il est malaisé de cerner quel sera le résultat sur lequel débouchera le processus d’hybridation et la forme concrète qu’il prendra, mais on peut avoir l’intuition de quels sont les pas qu’il convient de faire pour que l’hybridation se produise effectivement et pour que l’osmose entre le professionnel et le social se fasse.
Bien sûr, ces pas ne sont pas dirigés pour construire n’importe comment et ouvrir l’organisation anarchosyndicaliste pour qu’elle puisse contenir aujourd’hui tous les activismes. D’une part, il est évident que les difficultés à établir des structures de débat et de décision qui soient communes déboucheraient sur l’inopérance la plus absolue. D’autre part, il est vrai que la dispersion des noyaux activistes dans autant de lieu du tissu social qu’il soit possible constitue un des points positifs les plus importants des luttes subversives. Et il s’avère, de plus, que les perspectives d’avenir ne vont pas vers une forme d’organisation disposant de structures fixes et stables, même si c’est à cause de l’accélération du rythme des changements et des événements qui exigent une rapidité d’adaptation et de réaction que seuls les réseaux peuvent fournir.
Dans le moment actuel les pas qu’il convient de faire consistent simplement à créer les conditions adéquates pour favoriser le processus d’hybridation. Il n’est pas suffisant que les militants anarchosyndicalistes soient présents, comme c’est en général fréquent, dans les activités des autres noyaux activistes, en plus de celles proprement syndicales. Il s’agit que l’organisation anarchosyndicaliste soit, elle même, un facteur de synergie, de vigorisation et de multiplication des diverses résistances, en déployant explicitement ses efforts dans la création d’un tissu dense de connexions avec les composantes de l’espace alternatif. Il s’agit de lancer l’interaction, l’échange, le contact, la production de pensée ensemble, la confluence dans l’action, la participation aux expériences communes, en multipliant les occasions de partager des solidarités. Dans cette ligne, comme le fait déjà Rojo y Negro, nos publications doivent couvrir tous les champs de la conflictivité sociale, en donnant la parole à autant de noyaux activistes qu’il sera possible, et nos actions doivent déborder sin réserves le plan strictement professionnel, comme ce fut le cas par exemple dans la grève récente de la consommation. Mais ce serait une erreur grossière que de poser cette ouverture à l’activisme social simplement comme un moyen pour susciter des sympathies et pour attirer des militants qui renforceraient l’incidence de l’organisation anarchosyndicaliste dans le monde du travail. Cette ouverture doit être impulsée par sa valeur propre, parce qu’elle constitue, en soi même, une forme de lutte et car elle représente une des conditions pour que l’anarchosyndicalisme avance vers sa nécessaire transformation.

Tomás Ibáñez


[1Après avoir participé au Mouvement du 22-Mars dans sa phase parisienne, en compagnie, entre autres, de Jean-Pierre Duteuil et Dany Cohn-Bendit, il quitte la France pour prendre part à la lutte contre le franquisme depuis « l’intérieur », dans les rangs des libertaires catalans.