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ISRAEL, naissance d’un état colonial

dimanche 5 avril 2026, par AutreFutur, Bernard Gilles

Lorsque à peine élu, Donald Trump, sous l’œil ravi de Benyamin Netanyahou, annonce, entre autres joyeusetés, que la bande de Gaza sera administrée par les États-Unis et transformée en « Riviera du Moyen-Orient » et que ses habitants se verront offrir de bien meilleures maisons dans les pays voisins, ses déclarations ont été accueillies par un concert, justifié, de protestations. Un tel projet n’était ni plus ni moins qu’une entreprise de nettoyage ethnique, considéré par le droit international comme un crime contre l’humanité.
Certes.

Mais c’était oublier un peu vite que la création de l’État d’Israël, en mai 1948, procédait exactement de la même logique. A cet égard, un retour en arrière sur les faits historiques ayant amené à la création de cet État apparaît comme indispensable.
Sinon, pour ne pas contrevenir à la doxa médiatique il faudrait admettre que :
1 : l’État d’Israël est un État comme les autres.
2 : Ceux qui ne partagent pas cette opinion sont des antisémites.

Car il y a une constante des débats sur le sujet : ceux-ci sont tellement pollués de considérations passionnelles qu’ils n’ont plus grand chose de rationnel. Un simple rappel historique des faits suffirait pourtant à remettre les éléments dans un tout autre contexte, à construire l’argumentation sur des bases plus solides. Sans un détour par l’Histoire, celle de la lente construction puis de la proclamation de l’État d’Israël, on se condamne à ne ressasser que des clichés approximatifs, à opposer une opinion mal informée à une autre qui l’est tout autant.

Comment évoquer la brutalité d’une armée d’occupation, le carnage dans la bande de Gaza qui a tous les traits d’une entreprise génocidaire ? Comment expliquer l’indifférence têtue des uns et la rage des autres ? Comment expliquer le massacre du 7 octobre 2023 commis par le Hamas et ses alliés ? Comment rendre compte de l’arrogance triomphante des politiciens israéliens de droite comme de « gauche », et la résistance acharnée d’un petit peuple martyr, résistance qui peut aussi se traduire par des crimes de guerre, comme le massacre du 7 octobre ? Comment parler de tout cela sans prendre en considération le poids terrible de l’Histoire, l’enchaînement dramatique qui a conduit à ce que l’on appelle, en novlangue journalistique « le conflit israélo-palestinien » ?
Car ce petit bout de terre, confetti oublié de l’empire ottoman à la fin du XIXè siècle, va se retrouver, sans que sa population, essentiellement rurale, l’ait aucunement voulu, au centre des grands bouleversements de l’ère industrielle. Que d’appétits la Palestine va-t-elle déchaîner !
Que d’entrechats, messeigneurs !

Calculs sordides des impérialismes, intérêts géostratégiques, mythologie ethnique, antisémitisme européen, éveil des nationalismes, rien ne sera épargné aux villages paysans de Palestine, à ses bourgades commerçantes au charme désuet d’un Orient assoupi.
Et puisque les sionistes invoquent à tout bout de champ leur présence ancienne sur cette terre, quand ce n’est pas la Bible (confondant ainsi allègrement mythe et Histoire) effectuons un rapide survol de cette histoire de la Palestine, et nous verrons que les problèmes ne font que s’accumuler.
L’Histoire du peuple hébreu dans l’Antiquité semble débuter vers 1900 avant J.C., et, comme pour tous les peuples du monde elle est pleine de bruit et de fureur. Guerres entre peuples, entre tribus, déportations, esclavage. L’indépendance du royaume hébreu ne dure qu’un temps, et comme les autres peuples de la Méditerranée, les Hébreux connaîtront la domination grecque puis romaine. En 135 après J.C, les Romains écrasent la dernière révolte juive, et pourtant la diaspora juive a commencé bien avant Jésus Christ, puisqu’on retrouve des juifs dans tout le pourtour de la Méditerranée, et qu’un siècle avant Jésus Christ, ils constituaient déjà un tiers de la population d’Alexandrie. De la même façon, tous les juifs n’ont pas été expulsés de Palestine par les Romains, même après la révolte de 132-135. Puis la Palestine se christianise en partie, comme de nombreuses contrées du Moyen-Orient. Au VIIème siècle après JC, les Arabes conquièrent la Palestine. On assiste ensuite aux croisades, destinées à « libérer la Terre sainte et Jérusalem. » Des juifs venus d’Europe, notamment après l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492, continuent de s’y installer en petit nombre.
En 1516, la Palestine est conquise par les Ottomans, et va désormais faire partie, pendant quatre siècles, des provinces arabes de l’empire.
Sous la conduite de Mohamed Ali, les Arabes se révoltent une première fois contre les Ottomans, et les Anglais songent déjà, vers 1840, à instaurer en Palestine un royaume juif dont ils seraient les protecteurs. (Bonaparte avait eu la même idée en 1799 lors de l’expédition d’Egypte.)

La préhistoire de l’Etat d’Israël, puis son histoire proprement dite, se trouvent ainsi inscrites à la conjonction de plusieurs mouvements historiques, dont vont faire les frais un petit peuple qui n’en demandait pas tant : les Palestiniens de toute confession : juive, chrétienne et musulmane.

Sans remonter aux temps bibliques, l’histoire de la Palestine est celle de ce qu’on appelait au XIXè siècle la « question d’Orient. » Cette fameuse question d’Orient se réduit en fait au dépeçage de l’homme malade de l’Europe, l’empire ottoman, par les puissances impérialistes européennes, à savoir l’Angleterre et la France. D’abord pris en otage par l’impérialisme anglais, les juifs, eux, vont peu à peu, dans le cadre de la constitution des Etats-nation, jouer leur jeu personnel dans cette affaire, ce que nous examinerons plus loin.
En 1884, l’Angleterre occupe l’Egypte, et dans le cadre de la rivalité franco-anglaise, il y a nécessité pour elle d’assurer la sécurité de la route des Indes, et la création d’un royaume juif en Palestine, réclamée par les amants de Sion, semble un prétexte tout trouvé pour intervenir dans la région. Arrive la Première guerre mondiale, où l’empire ottoman est allié de l’Allemagne et où l’Angleterre songe déjà à l’après-guerre, et à la nécessité pour elle de lutter contre l’influence de la France.

C’est dans ce cadre, et uniquement dans ce cadre, que les Britanniques publient en octobre 1917 la célèbre déclaration Balfour, recommandant l’instauration en Palestine d’un foyer national pour les Juifs. Les Anglais se moquent éperdument du sort des juifs européens, seule compte pour eux la protection du canal de Suez et leur influence stratégique dans la région. Ils promettent aux juifs un « foyer national » comme ils ont promis aux Arabes la constitution d’un grand royaume uni, débarrassé du joug ottoman. La perfide Albion n’a que son intérêt en tête.
Après la défaite de la Turquie, alliée de l’Allemagne pendant la Première guerre mondiale, le traité de paix signé à Sèvres le 10 août 1920 entre la Turquie et la Grande-Bretagne prévoit un mandat de cette dernière sur la Palestine. Cette disposition est confirmée le 24 juillet 1922 par la Société des Nations, l’ancêtre de l’ONU. Ce mandat confie explicitement aux Britanniques la tâche de favoriser en Palestine la création d’un « foyer national juif » tel qu’il était prévu par la déclaration Balfour de 1917.

Mais les manipulateurs sont eux-mêmes manipulés.
Car il se passe des choses en Europe, dans le monde juif.
Victimes de pogroms en Russie dans les années 1880, les juifs réagissent à la fois en termes de classe, avec, en 1897 la création du Bund, un mouvement juif, socialiste et révolutionnaire, et par le sionisme, qui vise à la création d’un Etat juif en Palestine, même si les solutions de l’Ouganda et de l’Argentine ont été longuement évoquées. En réalité, à ces incessantes persécutions, il existe bien d’autres réponses chez les juifs : religieuses, nationales, intégrationnistes, réponses qu’il serait trop long d’évoquer ici. Remarquons toutefois que le sionisme proprement dit, dont on peut situer la naissance institutionnelle en août 1897 au congrès de Bâle, est resté, jusqu’en 1945, ultra-minoritaire chez les juifs d’Europe (et quasiment inexistant chez les juifs orientaux.) Les sionistes étaient en général tenus pour de dangereux illuminés, et même, par le Bund, pour des réactionnaires bourgeois, partisans d’un nationalisme démobilisateur, car détournant les masses juives prolétaires de leur véritable combat, aux côtés des autres fractions de la classe ouvrière. Il existe d’ailleurs des textes du Bund extrêmement clairs à ce sujet : « Le congrès [du Bund] considère le sionisme comme une réaction de la classe bourgeoise contre l’antisémitisme et la situation anormale du peuple juif. Le sionisme politique érigeant pour but la création d’un territoire pour le peuple juif ne peut prétendre résoudre la question juive ni satisfaire le peuple dans son ensemble et demeure une utopie irréalisable. Le congrès estime que l’agitation sioniste est un frein au développement de la conscience de classe. Que ce soit dans les organisations économiques (caisses de secours mutuel du Bund) ou politiques, il ne faut pas admettre les sionistes. »
En 1905, on pouvait lire un texte prémonitoire du Bund : « ceux qui devraient être expropriés ne se laisseront sans doute pas faire les bras croisés. Le capitalisme en Eretz Israël ne préférerait-il pas la force de travail arabe, bon marché ? Est-ce que les sionistes socialistes penseraient établir une zone d’implantation spéciale pour les bédouins et promulguer des lois d’exception contre les travailleurs migrants non juifs ? » 
Le sionisme n’est rien d’autre que l’émergence d’un nationalisme juif, à l’époque où d’autres nationalismes émergent, au sein de l’empire austro-hongrois et au sein de l’empire ottoman. A ce titre, et aux yeux des nationalistes, il pourrait paraître légitime. Le seul problème, c’est que dépourvu d’un territoire propre, historique, qui est ce qui fonde en grande partie l’existence d’un « peuple », cette constitution d’un « peuple » juif, ne peut se faire que sur la terre d’un autre « peuple », qu’on va bien entendu nier. Le terrain est prêt pour le croisement monstrueux du nationalisme et du colonialisme.
Car à l’époque, le vocable « colonial » n’a pas encore acquis le caractère péjoratif qu’il a aujourd’hui, et les sionistes ne se privent pas de l’utiliser abondamment. On trouve d’innombrables textes où les sionistes de l’époque utilisent toute la rhétorique occidentale de la « civilisation » et des « lumières » apportées aux peuples barbares plongés dans l’obscurantisme. Les sionistes socialistes, par exemple, en feront grand usage.
Pourtant, le projet est lent à démarrer. Entre 1882 et 1914, époque des pires pogroms en Europe orientale, deux millions et demi de juifs ont quitté la région, mais 61 OOO seulement ont choisi d’aller s’installer en Palestine. Les autres ont préféré les Etats-Unis ou l’Europe occidentale.

Lorsque ces dizaines de milliers de juifs européens s’installent en Palestine, avant 1914, ils trouvent d’ailleurs sur place des juifs. Des juifs palestiniens, et Ilan Halévi parle même à leur propos de juifs arabes. Ceux-là portent le turban, parlent l’arabe, mangent des olives et du houmous. Ce sont des Palestiniens de confession juive comme il y a des Palestiniens de confession chrétienne ou musulmane. Tous vivent en bonne entente. S’il y a des frictions entre communautés, et il y en a toujours eu au Moyen Orient, rien d’approchant à l’antisémitisme européen n’existe là-bas. D’ailleurs, les premiers immigrants sont perçus par la population comme des religieux, ils le sont d’ailleurs souvent, et n’éveillent pas d’hostilité. Celle-ci ne commence que lorsque les colonies juives, se multipliant, surtout après la Première guerre mondiale, deviennent « exclusivistes », rejetant le travail arabe, voire tout contact avec les Arabes. Pour les sionistes, l’Autre n’existe pas, les habitants ne sont vus que comme un élément du paysage, un élément agaçant que l’on peut écarter d’un trait de plume ou… d’un coup de fusil. L’idéologie sioniste se fonde sur un mythe meurtrier : « une terre sans peuple pour un peuple sans terre. » Les terres achetées par le Fonds national juif le sont toujours avec la clause « vide de ses habitants. » Les premiers villageois arabes commencent à être chassés de terres achetées à des grands propriétaires absentéistes d’Alexandrie, de Beyrouth ou du Caire. Lotfallah Soliman rapporte par exemple l’achat, en 1920, des 24000 hectares appartenant à une famille libanaise. La clause « vide de ses habitants » entraîne l’expulsion d’une vingtaine de villages et de 1700 familles.
A partir de 1920, les Arabes commencent à se révolter contre le colonialisme sioniste. Cette révolte, si elle a pu prendre des aspects religieux, était surtout une révolte populaire contre la colonisation. A aucun moment les Arabes n’avaient perçu les juifs comme un peuple ou une ethnie, mais seulement comme des gens d’une autre religion. Ce sont les sionistes qui vont introduire la notion de « peuple » notion qu’ils ne partageaient qu’avec le Bund, d’ailleurs, puisque la plupart des juifs d’Europe occidentale se vivaient comme des citoyens des pays où ils vivaient (ou des sujets de leur empereur, dans l’empire des Habsbourg). Donc, que les milieux traditionalistes musulmans aient saisi l’occasion de se manifester face à la colonisation juive, servait AUSSI à contrecarrer la naissance d’une pensée critique chez les intellectuels arabes et la difficile laïcisation de leur société.

En mai 1936, éclate une grande révolte contre les Britanniques et leurs protégés sionistes. La répression est féroce, et les Britanniques distribuent des armes aux milices juives. Les troubles se poursuivent, s’intensifient, et en octobre 1938, les Anglais utilisent l’artillerie et l’aviation contre les insurgés, faisant entre 5000 et 15000 morts. Encore une fois, les sionistes mentent en racontant qu’ils ont mené les premiers une guerre de libération contre les Britanniques : les Arabes les avaient précédés avant la Deuxième guerre mondiale.
En 1939, les notables arabes parviennent à frustrer de leur lutte les masses arabes et arrachent aux Britanniques un Livre blanc qui prône un seul Etat en Palestine où coexisteraient juifs et Arabes, et qui réclame un encadrement beaucoup plus strict de l’immigration juive.
Le sionisme, dès le début, n’a qu’une idée : créer un Etat juif en Palestine. Quitte à laisser crever les Juifs d’Europe s’ils ne servent pas à l’édification de leur Etat. Ayant besoin d’argent, il négocie avec Hitler le départ vers la Palestine des seuls juifs allemands riches. Le dénommé Itzhak Shamir, futur Premier ministre israélien, négociera avec les nazis jusque pendant la guerre.
En 1938, la conférence d’Evian, destinée en principe à sauver les juifs menacés par le nazisme, est sabotée par les sionistes, qui font pression sur les Etats-Unis et l’Angleterre pour qu’ils n’accueillent pas les juifs chez eux. Une seule solution : La Palestine !
En 1942, la tendance Ben Gourion s’impose face à Chaïm Weitzman, l’anglophile. Ben Gourion a compris que les Etats-Unis allaient être les grands vainqueurs de la guerre. Le sionisme va changer de protecteur. Cela tombe bien pour les Etats-Unis, qui cherchent justement à évincer la Grande-Bretagne.
Comme Al-Qaida ou les talibans se retournent contre leurs maîtres et créateurs, le pit-bull sioniste se retourne contre son protecteur britannique. Le 22 juillet 1946, l’attentat contre l’Hôtel King David, siège du gouvernement britannique, fait 88 morts.

Dès lors, les coups fourrés diplomatiques, les chantages au problème des réfugiés, tout va être bon aux sionistes pour obtenir la création d’un Etat juif. Ils font mine d’accepter un plan de partage de la Palestine tout en ayant une seule idée en tête : occuper toute la Palestine, du Jourdain à la Méditerranée. Les USA et l’URSS, qui cherchent tous deux à prendre pied dans la région, veulent à toute force évincer l’Angleterre (la France est déjà hors course) et le 29 novembre 1947, un plan de partage ahurissant de la Palestine est voté par l’ONU, ahurissant car découpant le territoire à la façon d’un puzzle, et entérinant l’idée d’un Etat juif en Palestine. Dès le lendemain, le nettoyage ethnique de la Palestine commence. Brutal. Des centaines de villages sont attaqués par la Hagannah, la milice sioniste, avec à chaque fois des scènes atroces de carnage, de viols. Les maisons sont systématiquement dynamitées, les habitants chassés vers les pays voisins. L’armée britannique détourne pudiquement les yeux. Remarquons que tout cela a commencé avant même la création officielle de l’Etat d’Israël.

Le 15 mai 1948, l’Etat d’Israël est proclamé. On connaît la suite, mais on la connaît mal. Le mythe sioniste veut faire croire au pauvre David israélien attaqué par le Goliath arabe, pensez donc : tous les pays arabes de la région ! En réalité, les armées arabes sont mal équipées, mal entraînées, alors que l’armée israélienne est déjà puissante et bénéficie pour elle de la foi des conquérants. Seul handicap, elle manque d’armes, mais le pont aérien organisé depuis la Tchécoslovaquie va rapidement y remédier. La seule armée qui aurait pu la menacer, l’armée jordanienne, est neutralisée par un accord secret avec le roi Abdallah : Israël et la Jordanie s’entendent pour se partager les dépouilles de l’Etat palestinien prévu par le plan de partage. Le nettoyage ethnique commencé dès l’annonce du plan de partage, en novembre 1947, va se poursuivre à la faveur de la guerre, et l’Etat d’Israël va chasser 800 000 Palestiniens de leur pays, soit plus de la moitié de la population. Le 9 avril 1948, le massacre de Deir Yassine sème la panique au sein d’une population désarmée. Plus de cinq cents villages palestiniens sont rasés, les cimetières retournés pour qu’il ne soit même plus dit qu’un jour, des Arabes ont vécu sur cette terre.

L’Etat d’Israël naît de l’épuration ethnique.
Jusqu’en 1966, les Arabes demeurés en Israël seront soumis à l’autorité militaire. Depuis, ils sont toujours restés des citoyens de seconde zone. Les autres s’entassent dans des camps de réfugiés. Tout le monde connaît la suite : En 1967, Israël attaque les pays voisins et en profite pour envahir la Cisjordanie et la bande de Gaza, sans les annexer officiellement, mais en les parsemant de colonies juives. L’annexion rampante se poursuit, la soi-disant gauche, lorsqu’elle est au pouvoir, multiplie les colonies de peuplement exactement de la même façon que le gouvernement d’extrême-droite de Benyamin Netanyahou. La population palestinienne est opprimée, réprimée, réduite à la misère, poussée à l’exil, ses terres sont confisquées, ses maisons détruites, ses enfants assassinés. La situation actuelle est le fruit de cette longue histoire coloniale.

La guerre permanente menée par l’Etat d’Israël, à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie, en Iran, ne peut se comprendre qu’en prenant en compte l’origine de cet Etat, faussement présenté comme un refuge pour les rescapés de la Shoah, alors même que ces rescapés, après 1945, ont été plutôt mal accueillis en Israël et que sa création, en réponse à l’antisémitisme européen de la fin du XIXè siècle, a été instrumentalisée par les impérialismes occidentaux.


La bibliographie sur la question est immense, on retiendra en particulier quelques ouvrages :
Pour une histoire profane de la Palestine, de Loftallah Soliman, La Découverte, 1989, épuisé mais que l’on peut trouver sur le marché de l’occasion.
- Question juive, La tribu, la loi, l’espace, d’Ilan Halévi. Editions de minuit, 1981.
- Maxime Rodinson, Peuple juif ou problème juif ? La Découverte, 1981.
- Dominque Vidal (avec Joseph Algazy), Le péché originel d’Israël, éditions de l’Atelier, 2002.
Ilan Pappé, Le nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, 2006.
Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Champs, 2018.