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Oms-nettoyage : Le droit de grèver

Correspondant /27 janvier 2016   

Réflexions - Solidarité - Culture


En lutte depuis le 21 septembre 2015, les grévistes d’OMS nettoyage maintiennent la pression sur leur employeur mais aussi sur les donneurs d’ordre. 2016 est placée sous le signe de la généralisation du combat.

Retour sur 4 mois de lutte…



Pour suivre la lutte au jour le jour, il y a des sites comme celui de la CNT - Solidarité ouvrière ou de l’ulcgt11. Mais la lutte a révélé des points réjouissants qui ne sont pas toujours présents dans les compte-rendus, comme par exemple :

- La force d’un comité de soutien.
Déterminées et solidaires, les femmes, majoritaires dans ce comité, animent le soutien autour des travailleurs d’OMS depuis le début. Habitantes d’un HLM géré par Paris-Habitat, elles n’hésitent pas à interpeller cet organisme pour qu’il respecte les droits des travailleurs du nettoyage et leur dignité. C’est ce même comité qui, pour la soirée de solidarité du samedi 23 janvier au CICP, était à l’action [1]


- Un changement de syndicat réussi, en plein conflit.
Tout le monde vous dira que changer de syndicat en cours de mouvement est dangereux pour la lutte menée. Après la dénonciation de leur syndicat d’origine, (Sud-Nettoyage), la grande majorité des travailleurs d’OMS à rejoint la CNT - Solidarité ouvrière pour auto gérer leur grève. À ce jour, c’est toujours sur la base de leurs revendications que leur syndicat met en œuvre des actions, participe à la lutte et affronte OMS…


- Une intersyndicale CNT-SO / CGT- HPE et des appuis politiques.
Ensemble, ces deux syndicats avaient déjà travaillé de concert lors de combats contre la Sous-traitance hôtelière, comme par exemple à Paris, en novembre 2014 [2] ou à Marseille, en juin 2014. Ainsi, Cénétistes et Cégétistes se retrouvent sur les piquets de grève et côte à côte, sans distinction de chapelle, contre le même "patron voyou". En manifestation, il n’est pas rare de voir un gréviste avec un badge de la CNT-SO, portant un drapeau de la CGT- HPE (hôtels de prestige et économiques) … et inversement.
Des membres du PCF, de la Mairie du XXème arrondissement ou du Front de Gauche s’investissent également.


- Un temps pour la lutte, un autre pour la vie
Lors de la grève active de mars 2012 dite "du pont de Suresnes" où une dizaine de femmes africaines luttaient pour leurs conditions de travail dans les hôtels "Première Classe" "Campanile", en marge de la détermination de ces femmes de chambres, ce sont les scènes collectives (de liesse ou de protestation) qui avaient retenu l’attention et que l’on retrouve dans le film de Denis Gheerbrant : "On a grèvé" [3].
Même si les conditions du conflit "OMS" sont dures et que les caisses de grève ne couvrent pas les revenus perdus, les démonstrations syndicales se terminent souvent par des échanges festifs…

(vidéos réalisées par un camarade de l’ulcgt11)


… et maintenant, on fait quoi ?

On peut, bien entendu, soutenir financièrement cette grève légitime en envoyant des chèques [4] ou via une "caisse de grève en ligne" [5]. On peut participer aux repas collectifs et aux rencontres organisés par le comité de soutien [6].

Mais on peut aussi tirer des enseignements de cette lutte  :
- Non, ce ne sont pas des "Toubabs" (de la CNT-SO ou de la CGT- HPE) qui "tirent les ficelles", comme certains le pensent encore et le colportent. Pour s’en rendre compte, il leur suffirait juste de sortir de "l’impasse" dans laquelle ils s’auto-confinent. Ils constateraient aussi que certains syndiqués d’OMS ont un sacré bagage politique… !

- Oui, dès lors qu’une lutte est gérée à la base par les grévistes et que les syndicats font "leur travail" de terrain, y compris avec des comités de soutien, on peut alors tendre vers la "convergence des luttes" sur laquelle beaucoup digressent sans vouloir s’y mettre, au prétexte qu’untel ou unetelle n’est pas assez "pur-e".

- Oui, la lutte est une activité humaine et comme telle, elle doit préserver des moments de partage, y compris festifs…

Merci donc aux camarades d’OMS en grève pour les quelques leçons qu’ils donnent.



PS :

Le 27 janvier  : communiqué de fin de grève sur : http://www.cnt-so.org/OMS-communique-de-fin-de-greve


[1Comité de soutien, Annie Gafforelli, 7 rue Noisy le sec 75 020 PARIS soutiengrevistesoms@gmail.com

[4Les chèques peuvent être adressés au syndicat CNT-Solidarité Ouvrière du nettoyage 4 rue de la martinique 75018 Paris mention "soutien aux grévistes OMS". Merci pour eux !

[6Comité de soutien, soutiengrevistesoms@gmail.com