/ Portraits : La Chrysler rose a perdu son chauffeur.

La Chrysler rose a perdu son chauffeur.

Fulano /22 juillet 2013   

Musiques


En 1971, le fils de Roger Thérond (critique littéraire, écrivant dans l’hebdomadaire Paris Match), avec lequel il n’aura que des rapports orageux, sort un album, sous le pseudonyme de Dashiell Hedayat [1] : Obsolète  [2].


Considéré comme "culte" par les amateurs de rock post-68, ce disque, réalisé en collaboration avec les musiciens de Gong [3] et la participation de William S. Burroughs, restera pour son morceau "Chrysler" qui relègue Jacques Dutronc au rang d’un conducteur de 2CV…

Chrysler


Amateur de Dylan (dont il traduira l’unique roman, Tarentula) [4], il fait exploser le langage rock français en lui donnant une dimension "beat, sexe, drogue et rock’n roll”, qu’il défend sur le plateau de Denise Glaser.



Extrait :

J’ai une Chrysler tout au fond de la cour
Elle ne peut plus rouler
mais c’est là que je fais l’amour
Oui une Chrysler
Ah je sais pas si je vous ai dit
J’ai une Chrysler rose
Le levier de vitesse porte un coeur gravé
Il y pend des bas troués
Et Sally au moment de monter me dit
Ta Chrysler est défoncée
Oui, mais, on est tous défoncés
Une Chrysler
Chrysler rose

Après être redevenu Jack-Alain Léger, cultivant un non-conformisme assez conformiste et méprisant à rebours ses exploits de chanteur, il ne cachait ni son homosexualité (dans Autoportrait au loup en 1982) ni ses tendances maniaco-dépressives qui ont marqué son œuvre.
Le 17 juillet 2013, Jack-Alain Léger s’est donné la mort en se défenestrant.



[1Un hommage à l’écrivain américain Dashiell Hammett et au persan Sadeq Hedayat.

[2Après : "La Devanture des ivresses, en 1969, sous le pseudonyme de Melmoth (Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1969)

[3Un groupe de space rock, rock progressif et free-jazz fondé par l’Australien Daevid Allen, guitariste de Soft Machine à la suite d’un exil forcé en France à partir de 1967

[4Ainsi que les œuvres de J.R.R. Tolkien (Les Aventures de Tom Bombadil) ou Leonard Cohen (L’Énergie des esclaves).