/ Portraits : Mort "par erreur" de Robert Kurz

Mort "par erreur" de Robert Kurz

Correspondant /25 juillet 2012   

Réflexions


Kurz serait mort des suites d’une opération des reins (une erreur chirurgicale aurait accidentellement sectionné son pancréas...) le 18 juillet dernier dans sa ville de Nuremberg, il avait 68 ans.

Certainement le meilleur théoricien de l’école Marxienne allemande et qui justement n’était pas universitaire comme le sont l’ensemble des individus regroupés autour d’EXIT comme de KRISIS.
Cette cohérence entre la vie réelle de ce fils de prolétaire et ses travaux de relecture et de prolongement de la théorie sociale de Karl Marx sont un bien rare qui pourrait le rapprocher de Guy Debord qu’il détestait au plus haut point.
En effet les fulgurances pratiques autour de L’I.S comme du "Groupe Debord" ensuite faisaient de l’hombre à son humble passé de gauchiste Allemand...

Sa thèse centrale sur la fin du capitalisme est la plus solide à ce jour, plus solide que l’analyse de Jappe qui pourtant est elle-même excellente. Les 2 ont travaillé ensemble mais visiblement Jappe n’a pas convaincu Kurz sur l’aventure situ ou la critique du Fétichisme de la Marchandise développée par Debord dans la Société du Spectacle.
Les dérives antisémites du gauchisme Allemand préoccupaient beaucoup Robert Kurz mais ne suffisent pas à expliquer sa position ultra-sioniste. Sa génération est née dans le 3e Reich, si l’on ajoute l’influence de l’École de Francfort et la symbolique de sa ville d’origine on s’approche sans aucun doute des raisons de son hypersensibilité aux dérives antisémites manipulées qui ont conduit, sous couvert d’une sympathie à la "Cause Palestinienne", certains jeunes allemands des années 70/80 dans les griffes des succursales du KGB sans être capables de réagir comme "Angie".
Son inacceptable défense de l’État d’Israël complète le tableau des mécanismes de "rachat" du passé de Nuremberg.
Mais cela n’affaiblit en rien sa limpide saisie du processus historique de la fin de l’utopie capitaliste.

Chapeau bas Robert Kurz !

Son acharnement à prétendre que Mai68 fut un "Mouvement Étudiant" parait suspect, s’agissant de la plus grande grève générale sauvage du 20 siècle. Comme de nettoyer les isme partout pour aussitôt les ajouter à Situationniste et finalement ne désigner que l’insignifiant Tarnac.
Il ne faut pas s’en affecter outre mesure s’agissant d’un égal de Marx qui lui aussi était un piètre Révolutionnaire dans l’action comme en témoigne son influence catastrophique dans la 1ere internationale qu’il vida de sa substance en liquidant les libertaires...
Ce qu’il fut contraint d’admettre contrairement à l’imbécile Engels, père de toutes les bureaucraties ouvrières.
On peut être un immense théoricien et ne rien savoir faire de l’organisation la plus révolutionnaire que le prolétariat n’ait jamais eu : L’AIT « pour l’émancipation définitive de la classe travailleuse, c’est-à-dire pour l’abolition définitive du salariat »..

Lire Rober Kurz :
- Critique de la valeur
- Exit
- Krisis