Le 9 mars au Mexique, les femmes étaient en grève contre la violence

12 mars 2020 - Zavally

Dimanche 8 mars pour la Journée internationale des droits des femmes, 80 000 personnes ont occupé le centre de Mexico, souvent habillées en rouge, pour dénoncer les crimes de sang dont les femmes sont victimes dans le pays.

Lundi 9 mars, 65 millions de Mexicaines étaient appelées à ne rien faire . "Un dia sin nosotras" (un jour sans nous) était le mot d’ordre. Aucune femme, nulle part, ni dans les rues, ni dans les entreprises, ni dans les écoles, ni dans les universités, ni pour faire les tâches ménagères, nulle part.

Dans plusieurs villes du pays, les transports scolaires ont été annulés. Plusieurs entreprises, des banques, des médias, se sont associés au mouvement par solidarité. Les femmes représentent 40% de la population active au Mexique, mais 54% de l’activité totale si on inclut l’économie informelle.

Dix femmes assassinées chaque jour

Les féminicides est en LE grand sujet qui agite le Mexique : 3 000 femmes assassinées l’an dernier, dont 1 000 dossiers qualifiés de féminicides par la justice. Autrement dit, des femmes tuées parce qu’elles sont femmes. La situation se dégrade : 10 assassinats par jour (dont un assassinat de mineure) depuis le début de l’année. Dans 57% des cas, l’auteur du meurtre est le conjoint ou le compagnon.

Cette violence est en grande partie tolérée par l’État. Dans les cas de viol, 99% des enquêtes sont classées sans suite et de nombreux policiers sont également soupçonnés d’agression sexuelle. Dans les cas de meurtre, les proches des victimes n’ont souvent pas d’autre choix que d’enquêter tous seuls.


Les associations féministes avaient fondé beaucoup d’espoir sur l’arrivée au pouvoir, l’an dernier, du nouveau président de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, "Amlo".
Mais jusqu’à présent, il s’est contenté que de beaux discours…

(Article écrit en collaboration avec Martin P.B, Mexico)