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Laissez entendre la voix du peuple

Correspondant /7 mai 2012   


Le premier mai ne célèbre pas le travail, mais ceux qui souffrent du travail

Le 1er mai fut décrété journée internationale des travailleurs à la mémoire des huit anarchistes - particulièrement impliqués dans la lutte pour l’obtention des huit heures - condamnés pour l’exemple dans l’affaire de Haymarket Square (4 mai 1886) qui fit suite à la répression sanglante par la police et les milices patronales (Pinkerton) de la grève chez McCormick de Chicago (1er au 3 mai 1886). Le 11 novembre 1887, au moment ultime de sa pendaison aux côtés de ses camarades August Spies, Adolph Fischer, George Engel (Louis Lingg s’était suicidé en prison), Albert Parsons prononça ses derniers mots "Laissez entendre la voix du peuple !"

Le 1er mai ne serait être confisqué par les trois composantes de l’équilibre capitaliste : la droite empoisonneuse et récupératrice, la gauche soustrayante qui a criminellement vidé de son sens le mot "socialisme" ou les néo-fascistes (arbitres-épouvantails dramatiquement agités et justifiés par les précédents pour leur propre régulation).

Le 1er mai n’est pas la fête des pantins manipulés par des pantins, pas celle des sondages, des médias tricheurs, des petits arrangements et des grands profits, pas celle des déguisements, du renoncement, pas celle d’élections foncièrement anti-démocratiques qui tendent à réduire à néant tout esprit libre, pas celle de l’incompréhensible érigé en règle, de la majorité factice étouffant la vaste minorité, mais celle de tous les êtres encore épris de justice et d’amour.


(dernières paroles de August Spies gravées sur sa tombe)


PS :

Source : http://nato-glob.blogspot.fr/