(source : Paroles d’Athènes)
La grève actuelle des Aciéries est sans doute l’une des plus importantes dans
l’histoire du mouvement syndical Grec. Tout a commencé le 31 Octobre dernier,
quand les ouvriers d’une usine ont décidé de faire grève en réponse aux 50
licenciements et réductions des salaires que la Direction de l’usine voulait leur
imposer. A la présente date, Il y a 138 jours que la grève a commencé, et elle
va encore continuer. Dans leur lutte, ils ont l’appui d’ autres grévistes, comme le
syndicat de la chaîne de télévision ALTER et le syndicat du journal Eleftherotypia.
De nombreuses actions de solidarité visent à organiser l’aide financière des
grévistes des Aciéries. Ainsi, des concerts, des événements, des manifestations à travers la Grèce ont été organisés par des Conseils de quartiers d’Athènes et d’ autres villes grecques. La grève a, par ailleurs, suscité un intérêt international. Pour preuve, presque chaque semaine, des actions de solidarité sont organisées en faveur des grévistes dans des pays européens.
Mais, le mois dernier, un mouvement de solidarité a provoqué de nombreuses
polémiques. Chryssi Avgi (L’aube d’or), une organisation fasciste et d’extrême-
droite très connue, a rendu visite aux grévistes d’uneusine, en offrant une aide
matérielle. Un petit détail : sur toutes les boîtes de conserve, il y avait des
autocollants avec le logo de Chryssi Avgi et la phrase « Votez Chryssi Avgi pour
décrasser le lieu ». Les grévistes de leur côté les ont reçus et ont permis au
représentant de ce mouvement fasciste de faire un soi-disant discours de soutien.
Le président du syndicat, en effet, a d’ailleurs salué les membres de Chryssi Avgi en disant que ‘Toute la Grèce est avec nous’. Il est intéressant tout de même de noter que la majorité des ouvriers du syndicat de la Métallurgie font partie de PA.M.E. (tous les travailleurs front militante) organisation syndicale du parti communiste de Grèce. Des informations sur cette visite, accompagnées de photos, ont immédiatement circulé. Les réactions ont été très fortes. Comment est ce possible pour un syndicat surtout communiste d’accepter l’aide d’une organisation d’ extrême-droite qui originellement était opposée à la grève et soutenait le propriétaire de l’usine ? Enfin, obtenir une telle aide matérielle et financière, sans se soucier de son origine, serait-il finalement le seul but du combat des grévistes ?
Cette ‘ coopération’ entre Chrysi Avgi et les métallurgistes est tout de suite devenu le sujet de discussions dans les milieux de lutte en Grèce et en Europe. Plusieurs collectifs ont alors décidé d’arrêter leurs actions de solidarité en soulignant que cet incident ternissait leurs efforts visant à aider et soutenir la lutte des métallurgistes.
Le syndicat de la métallurgie a essayé de se justifier en annonçant que cette action de solidarité de Chryssi Avgi était une provocation. Avant l’annonce officielle, des prétextes divers furent même mis en avant par des grévistes, comme ‘ les ouvriers acceptent l’aide de toutes parts’ et l’incroyable phrase « c’était un photomontage ».
Un documentaire de 10:15 minutes concernant la grève des travailleurs des Aciéries Grecques à Aspropyrgos (zone industrielle d’Athènes).




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