/ Solidarité : Déclaration au 7ème congrès Solidaires

Déclaration au 7ème congrès Solidaires

Contribution /16 juin 2017   

Solidarité - International - Social


Saint Brieuc, Bretagne, le 14 juin 2017


Nos organisations se sont réunies le 13 juin 2017, à l’occasion du congrès de l’Union syndicale Solidaires. Dans la suite d’un travail syndical international dans lequel nous nous retrouvons déjà depuis plusieurs années, cette nouvelle rencontre est l’occasion de réaffirmer notre engagement sur des valeurs communes.

Nous nous revendiquons d’un syndicalisme de luttes, anticapitaliste, démocratique, écologiste, indépendant des patrons et des gouvernements, anticolonialiste, internationaliste, et luttant contre toutes formes d’oppression (machisme, racisme, homophobie, xénophobie). La démocratie ouvrière, l’auto-organisation des travailleurs et travailleuses sont aussi parmi nos références communes.
Sur tous les continents, les capitalistes et celles et ceux qui sont à leur service attaquent durement les travailleurs et les travailleuses. Une petite minorité profite de l’exploitation exercée sur la grande majorité de la population. Cela se fait à travers la violence patronale au travail, sous des formes multiples, mais aussi via l’arme de destruction massive de tous les droits de tous et de toutes qu’est le chômage. La richesse produite par les travailleurs et les travailleuses est captée par la classe dominante qui, par ailleurs, a fait de la corruption le mode de gestion normale d’une société où la démocratie est totalement ignorée.
Les grands groupes multinationaux jouent un rôle déterminant dans cette situation, avec des conséquences dramatiques, sociales et écologiques. Nous devons renforcer nos liens internationaux à ce niveau aussi. Les biens publics construits et conquis par les luttes sociales passées sont systématiquement détruits : privatiser les bénéfices et collectiviser les pertes est un des principes de base du système capitaliste. Ce dont le genre humain a besoin est tout l’inverse : il faut des services publics au service de chacun et chacune, de tous et toutes, et qui soient le bien commun de toute la population. C’est une des batailles essentielles que nous avons à mener : celle pour reconstruire des services publics correspondant aux besoins d’aujourd’hui.
Le colonialisme a fait des ravages dans le passé, avec des conséquences encore présentes dans bien des pays ; et il est toujours d’actualité aux quatre coins du monde. Il n’y a pas de réelle démocratie sans droit à l’autodétermination des peuples !
Pour arriver à leurs fins, les capitalistes ont, depuis longtemps, des outils : l’armée, la police, parfois des milices privées, sont abondamment utilisées pour réprimer les mouvements sociaux. La justice au service du pouvoir condamnent celles et ceux qui résistent. Les médias les plus puissants encensent celles et ceux qui dirigent et censurent les classes populaires. Les droits syndicaux, eux aussi arrachés par les luttes sociales des générations passées, sont aujourd’hui remis en cause, partout. Les capitalistes ont besoin de ce retour en arrière pour imposer leur austérité, l’accroissement de la productivité, l’augmentation de la précarité et du chômage...
Le syndicalisme est l’outil dont s’est doté le mouvement ouvrier pour s’organiser de manière autonome. Il se doit d’intégrer les collectifs de lutte et les mouvements sociaux intervenant sur des sujets spécifiques mais tous indispensables pour construire la nécessaire transformation sociale !
Notre syndicalisme doit tenir les deux bouts : être au plus près du terrain, et internationaliste.
C’est possible en amplifiant le travail syndical de nos réseaux syndicaux, en y donnant toujours plus d’aspects concrets, par exemple à travers le travail commun dans les secteurs professionnels ou entre commissions ou groupes thématiques ; ou, notamment, en développant des campagnes internationales sur luttes concrètes, comme par exemple, à court terme, la grève générale au Brésil ou bien différents referendum en Nouvelle Calédonie ou en Catalogne.
À notre échelle, et bien conscientes que l’enjeu dépasse nos seules organisations mais concerne l’ensemble du mouvement syndical authentique, celui qui ne se complait pas dans la gestion du capitalisme, nous appelons à renforcer et coordonner le syndicalisme de luttes à l’échelle international.


Centrale Démocratique Martiniquaise des Travailleurs (CDMT - Martinique)
Central Sindical e Popular Conlutas (CSP Conlutas - Brésil)
Confederacion General del Trabajo (CGT - Etat espagnol)
Intersindical Alternativa de Catalunya (IAC - Catalogne)
Langile Abertzaleen Batzordeak (LAB - Pays Basque)
Sindicatu di i Travagliadori Corsi (STC - Corse)
Union syndicale Solidaires (Solidaires - France)
Confederacion Intersindical (Intersindical - Etat espagnol)
Transnational Information Exchange (TIE – Allemagne)
Confédération Générale Autonome des Travailleurs en Algérie (CGATA - Algérie)