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Autre Futur. Un espace & une association.

AutreFutur /6 décembre 2012   

Solidarité - Autogestion - International - Culture - Orientations


Autre Futur regroupe des militants de différentes organisations syndicales (dont CGT, SUD, CNT ou CNT Solidarité Ouvrière…), attachés à l’échange entre les travailleurs à la base.

Au-delà des chapelles et constitués en association Loi 1901, notre objet, déclaré dans les statuts est de :

- Défendre et promouvoir l’organisation des travailleurs comme un outil de transformation et d’émancipation sociale dans l’esprit des bourses du travail.

- Tisser, renforcer et développer à travers des réseaux les liens entre militants de terrains qui se reconnaissent dans le syndicalisme à la base ainsi que dans la gestion directe par les travailleurs de leurs outils de production et de luttes.

- Produire, échanger et diffuser de l’information, de la réflexion et des outils concernant les luttes menées pour l’émancipation des femmes et des hommes, notamment les luttes syndicales.

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En mai 2011, paraissait le premier numéro d’Autre Futur sous forme d’un quatre pages publié par des syndicats CNT de la région parisienne. Depuis, le site Internet et sa version papier ont résolument laissé les étiquettes au vestiaire pour s’ouvrir aux multiples composantes syndicales de la lutte anti-capitaliste.

Syndicales car si nous savons bien que d’autres regroupements, essentiellement politiques, culturels ou associatifs participent au combat contre l’oppression et l’exploitation capitalistes, nous demeurons persuadés que c’est à partir de la forge à plus-value, l’entreprise, que la lutte doit se développer sans pour autant s’y limiter. Notre conception du syndicalisme se veut révolutionnaire, ouverte aux multiples apports du mouvement ouvrier et révolutionnaire, depuis l’anarchisme et l’anarchosyndicalisme jusqu’au marxisme anti-léniniste et au conseillisme. Le syndicalisme, pour nous, n’a rien à voir avec la caricature qu’en donnent les syndicats institutionnels, limités au seul domaine des revendications salariales et des conditions de travail et englués dans la collaboration de classes. Le syndicalisme révolutionnaire est avant tout l’outil que se donnent les exploités, les prolétaires, ceux qui n’ont pour tout bien que leur force de travail à vendre aux détenteurs du capital, un outil qui doit permettre à la fois de se battre ici et maintenant pour arracher au patronat et à l’État des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail, mais aussi de préparer le renversement de l’ordre capitaliste, l’abolition du patronat et du salariat, la récupération de l’appareil de production, la maîtrise, enfin, de nos vies. Aujourd’hui organisation de l’entraide et de l’auto-formation, le syndicat prépare l’immense masse du prolétariat mondial à retrouver le plein exercice de sa souveraineté sur tous les aspects de notre vie : que produire et pour quoi ? Dans quelles quantités ? Dans quelles conditions ?
Quel équilibre trouver entre les nécessités de la production et les désirs quotidiens ? Quelles relations entre les hommes et les femmes ? Les adultes et les enfants ? Comment répartir notre temps ?

A toutes ces questions, le capitalisme n’offre qu’une seule réponse : la croissance exponentielle des profits. Dans les eaux glacées du calcul égoïste, peu importe que les centrales nucléaires explosent et menacent les hommes, la nature et les générations futures. Peu importe que l’obésité devienne un fléau aux États-Unis tandis que la famine menace au Sahel et dans la Corne de l’Afrique. Peu importe que des milliards d’êtres humains perdent leur vie à la gagner, que ce soit dans les usines concentrationnaires de la Chine et de l’Inde ou dans les bureaux aseptisés d’Europe, du Japon ou des États-Unis. Peu importe que les quelques améliorations que nos parents avaient arrachées autrefois, retraites, chômage, sécurité sociale, éducation, etc. soient petit à petit rognées, diminuées, réduites au minimum avant d’être bientôt supprimées parce que les profits du monstre automate dénommé capital ne le permettent plus. Peu importe que la jeunesse déboussolée, privée d’un avenir qui ait du sens se réfugie dans le communautarisme le plus étriqué ou l’obscurantisme religieux. Peu importe qu’un travail imbécile, répétitif, abêtissant, n’ait comme alternative qu’un chômage dramatique, des minima sociaux qui permettent tout juste de nourrir un chien.
Le moment est venu de pratiquer d’autres solidarités que l’abjecte charité religieuse, d’inventer d’autres formes d’entraide que l’humanitarisme récupéré par les appareils d’État.

Le moment est venu de se retrouver tous ensemble, de bâtir un syndicalisme révolutionnaire où la résistance au quotidien n’est jamais séparée d’un Autre Futur.