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Après Paris, un jardin des combattants de la Nueve… à Madrid

Lucie Heymé /17 février 2016   

Réflexions - Humeur


Le 24 août 1944, les combattants de la Nueve, la compagnie de la 2ème DB composée d’une majorité d’espagnols, anarchistes, anti franquistes et anti nazis, entraient les premiers dans Paris occupé.
Le 24 août 2014, des manifestations rendaient hommage à ces hommes et à leurs luttes. Anne Hidalgo, fille de la famille des "républicains espagnols " et maire de Paris, émue, embrassait Rafael Gomez, l’un des deux survivants. [1]


Le 3 juin 2015, le roi et la reine d’Espagne dévoilaient la plaque du jardin de l’Hôtel de Ville dédiée à ces combattants, en présence d’Anne Hidalgo qui, comme le reportait Gala (un mag poeple), "fut impres­sion­née par la simpli­cité du couple royal espa­gnol "…

Gala  : Comment le roi Felipe VI a-t-il accueilli cette initia­tive  ?
Anne Hidalgo : L’ami­tié liant nos deux pays est très forte et le Roi Felipe VI a été immé­dia­te­ment très sensible à notre initia­tive. Sa présence lors de l’inau­gu­ra­tion du Jardin des combat­tants de La Nueve et les mots qu’il a eu pour leur rendre hommage, ont été tout simple­ment aussi chaleu­reux qu’his­to­riques. Il a salué cette soli­da­rité entre nos deux peuples, qui est un héri­tage dont nous devrons toujours nous souve­nir et une force que nous avons à cœur de culti­ver. Je sais nos deux pays profon­dé­ment liés par cette aspi­ra­tion.

Passant d’une cérémonie avec un "républicain " à l’accueil d’un roi, Anne Hidalgo n’était que dans la posture politique et œcuménique de sa fonction. En revanche, comment ne pas s’étonner que cette "royale" inauguration ne provoqua que de trop discrets toussotements dans le milieu "anarcho-mémoriel " [2], d’ordinaire prompt à dénoncer les monarques et/ou les compromissions…

Le 03 février 2016, le site espagnol "Publico.es" informait que Madrid aura elle aussi un square dédié à la Nueve ("Madrid dedicará un jardín a la compañía de soldados republicanos que liberó París de los nazis" [3]). Qui donc inaugurera cet "espace" dédié aux "républicains ", dans une ville où planent encore les spectres d’un passé et où, il y a peu encore, plus de 170 rues, places et passages rappelaient l’ère du franquisme et de la phalange ? [4]