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À table, libertaires !

Lucie Heymé /4 août 2018   

Culture - Humeur


Tout libertaire qui se respecte, devrait conjuguer trois stations dans sa vie :
- Debout, pour se battre, manifester, aller de l’avant.
- Couché, pour que le corps exulte.
- Assis, pour la ripaille, le casse-croûte, l’art de la table.
… et pour accompagner chacune d’elles : le plaisir qui, tel un moteur "à explosion", fait avancer "la machine".

Dans un article précédent, Autre Futur rendait déjà hommage aux plaisirs rabelaisiens [1], mais nous avons omis de saluer l’ouvrage de Benoist REY [2] : "Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir" [3], un recueil de recettes, écrit avec style, élégance et humour, qui se revendique d’un "ni dieu, ni maître et de la liberté hédoniste de boire et de manger" à la portée de tous (y compris des libertaires)… Dédié " À notre chienne Innocente qui aimait tant le gigot ! ", ce petit livre où il fait faim et soif propose également d’oublier l’adresse de son médecin ou la prochaine sortie en vélo. Jugez vous même :

Tomates farcies

- Prendre les restes de viandes (porc, bœuf, poulet), s’il y en a.
- Dégraisser, passer à la moulinette. S’il en manque, rajouter de la chair à saucisse.
- Rajouter sel, poivre, un peu d’ail égermé, un soupçon de piment d’Espelette, de l’échalote, un œuf ou deux suivant la quantité. De la mie de pain, trempée dans du lait ou du bouillon. Du persil et du basilic.
- Réserver la chair des tomates et passer le tout au mixeur. Evider des grosses tomates (ou des courgettes rondes). Conserver les chapeaux, ça fait joli. Remplir les tomates avec la farce.
- En guise de chapelure, saupoudrer de miettes de pain. Recoiffer avec élégance les tomates et les cuire à feu moyen de façon à garder tout leur moelleux.
- Se mange chaud ou froid, les soirs d’été, quand arrivent à l’improviste des meutes d’affamés, ces farcis font florès !.

Grimolle aux pommes

- Mélanger deux œufs avec huit cuillères à soupe de sucre, une de farine, six de lait, quatre d’huile, un sachet de levure, un sachet de sucre vanillé, un filet de calvados.
- Couper des pommes en fines tranches avec lesquelles garnir un moule huilé.
- Ajouter le mélange et enfourner à 180 degrés pendant 35 minutes.
- Durant cette cuisson, faire ramollir 60 g de beurre, ajouter deux cuillères à soupe de sucre et un œuf.
- Verser sur le gâteau et remettre au four 25 minutes.

Et alors, comme le dit si bien Benoist Rey :

Fermez les yeux et dégustez. On n’est pas loin de l’orgasme ! "



NB. Hélas, tous les libertaires ne sont pas hédonistes. Il y en a même qui parlent de révolution et de lutte de classe sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans la cuisine et de positif dans les plaisirs de la table. Ceux-là ont dans la bouche un "big Mac". Et ce livre n’est pas pour eux.


[2imprimeur, typographe et écrivain libertaire

[3Éditions libertaires. ISBN : 978-2-919568-01-7